Retour au blog

WordPress en 2026 : faut-il encore l'utiliser ?

WordPress fait tourner 40 % du web. Ça ne veut pas dire que c'est le bon choix pour vous. Voici quand on le recommande, et quand on suggère autre chose.

Colonne de béton érodée et fissurée, fragments dispersés à sa base

C’est une des questions qu’on nous pose le plus souvent. « Vous faites du WordPress ? » Réponse honnête : ça nous arrive, mais beaucoup moins qu’avant. Et ce n’est pas par dogmatisme.

WordPress reste, en 2026, le système le plus utilisé au monde. Il fait tourner environ 40 % des sites web. Ça veut dire deux choses : il fait beaucoup de choses bien, et il y a beaucoup de cas où ce n’est plus le meilleur outil.

Ce que WordPress continue de faire bien

Soyons clairs sur les vraies forces de l’outil.

L’écosystème est imbattable. Il existe un plugin pour à peu près tout. Besoin d’un formulaire complexe, d’un système de réservation, d’une boutique en ligne, d’une newsletter ? Il y a une solution éprouvée, souvent gratuite ou peu chère.

L’autonomie éditoriale est excellente. Une fois le site livré, n’importe qui dans votre équipe peut modifier le contenu, ajouter une page, publier un article. Sans toucher au code, sans passer par nous.

La communauté est massive. Si vous quittez votre agence dans trois ans, vous trouverez sans difficulté un freelance ou une autre agence capable de reprendre le projet. C’est rassurant.

Sur ces trois points, WordPress n’a pas vraiment de concurrent sérieux pour un site grand public.

Ce qui pose problème en 2026

Le problème de WordPress n’est pas WordPress. C’est ce qu’on construit autour de lui.

La dette de plugins. Un site WordPress typique embarque entre vingt et cinquante plugins, chacun écrit par un auteur différent, mis à jour à son rythme. Au bout de deux ans, certains ne sont plus maintenus, d’autres entrent en conflit, et le moindre clic sur « mettre à jour » devient un acte de courage.

La performance. Un WordPress chargé tourne facilement à plusieurs secondes de temps de chargement. C’est rattrapable avec du cache, un bon hébergeur, et de l’optimisation. Mais ça demande un travail constant, et ça n’atteint jamais le niveau d’un site statique moderne.

La sécurité. WordPress est la cible numéro un des attaques automatisées. Un site mal maintenu est piraté en quelques mois, parfois quelques semaines. La sécurité est un poste de maintenance permanent, pas une case à cocher.

La complexité éditoriale. Le constructeur natif (Gutenberg) s’est nettement amélioré, mais la majorité des sites WordPress reposent sur des constructeurs visuels comme Elementor ou Divi. Le résultat : des pages lourdes, du HTML généré qui ressemble à un sapin de Noël, et une expérience de modification qui finit par décourager l’équipe éditoriale elle-même.

Quand on recommande encore WordPress

Dans deux cas précis :

  1. Vous avez beaucoup de contenu à publier, par plusieurs personnes. Magazine, média, association avec dix bénévoles qui contribuent. L’interface d’édition de WordPress est encore la meilleure pour ce cas.
  2. Vous avez besoin d’une fonctionnalité métier rare, et il existe un plugin sérieux pour ça. Refaire à la main ce qu’un plugin éprouvé propose serait une perte de temps et d’argent.

Quand on suggère autre chose

Pour un site vitrine de cinq à quinze pages, mis à jour deux à trois fois par an, avec un blog occasionnel : WordPress est largement surdimensionné. On part plutôt sur Astro (comme ce site) ou Next.js, livrés en statique sur un hébergement simple. Résultat : un site qui charge en moins d’une seconde, qui ne se fait pas pirater, et qui ne demande aucune maintenance technique.

Pour une boutique en ligne moderne, on regarde Shopify plutôt que WooCommerce. Coût mensuel à intégrer dans le calcul, mais maintenance zéro et performances supérieures.

Pour un site avec beaucoup de contenu édité par des non-techniciens : on peut combiner un site statique (Astro) avec un CMS headless comme Sanity ou Strapi. Le confort éditorial de WordPress, sans ses inconvénients techniques.

Notre position en une phrase

WordPress n’est pas un mauvais outil. C’est un outil par défaut, utilisé par beaucoup d’agences sans se poser la question. Notre travail, c’est justement de poser la question. Et selon votre cas, la réponse est de plus en plus souvent : autre chose.